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Colonne :

La colonne est un élément structurel vertical qui est composé d’un fût généralement de section circulaire ou parfois polygonal. Dans l’architecture dite classique, le fût s’appuie sur une base et est surmonté d’un chapiteau.

Une colonne très fine est simplement appelée colonnette.

La colonne est normalement un élément isolé, comme on peut le voir ci dessus sur l’image de couverture représentant la Maison Carrée de Nîmes. Mais lorsqu’elle est utilisée en façade d’un édifice, elle peut être :

  • adossée : colonne dont la base et le chapiteau touchent ou sont proches du mur
  • engagée : colonne partiellement enfoncée dans le mur de la façade
  • nichée : colonne logée dans  un renfoncement de façade

Le fût des colonnes peut être traité de nombreuses manières. Il peut être :

  • nu, c’est à dire qu’il n’est pas décoré comme c’est le cas par exemple dans l’ordre toscan.
  • galbé, le fût suit une courbe convexe dont le milieu s’éloigne de l’axe de la colonne, autrement dit, la colonne ressemble à un ventre bien gonflé.
  • à bossages, le fût est entouré des tambours cubiques , style assez rare et étrange.
  • bagué, le fût est alors ceinturé par des moulures saillantes imitant des bagues, ce type d’ornementation est typique de l’architecture maniériste française de la seconde moitié du XVIe siècle (Renaissance).
  • tors, typique de l’architecture baroque, il a une forme torsadée, c’est-à-dire qu’il tourne en hélice. On utilise aussi le terme de colonne salomonique en référence au roi Salomon.
  • cannelé, c’est la décoration star des colonnes, on retrouve les colonnes cannelées dans les ordres doriques, ioniques et corinthiens. Le fût est strié verticalement de cannelures rondes (la cannelure la plus commune), plates ou torses. Dans ce dernier cas, la subtilité étant de différencier une colonne torse d’une colonne à cannelures torses.
  • peint, le fût sert de support à des fresques

Les éléments constitutifs de la colonne

On l’a vu, la colonne peut être simplement constituée d’un fût, ou être associée à une base et chapiteau, comme  notamment dans les ordres antiques (dorique, ionique, corinthien et toscan).

La base

Commençons par la base. Il s’agit d’un support lui aussi vertical qui se situe au pied aussi bien d’une colonne que d’un pilier. Il est le plus souvent ceinturé de différentes moulures (spécifiques selon l’ordre) et s’appuie sur une plinthe ou un socle.

Le chapiteau

Il couronne la colonne et assure la liaison entre le fût et la charge horizontale le surplombant. Il est au moins formé d’une corbeille et d’un couronnement, appelé l’abaque.

Corbeille

La corbeille est la partie du chapiteau comprise entre l’astragale et le tailloir ou abaque. Elle prend une forme évasée vers le haut ( sa forme générale rappelle celle d’un cône ou d’une cloche renversée). Sa surface reçoit l’ornementation qui permet de caractériser le chapiteau.

Astragale

L’astragale est la moulure qui se situe entre le fût et la partie basse du chapiteau. Cette moulure se compose d’un tore encadré de deux filets (le filet est une petite moulure plate).

On utilise le terme de chapelet lorsque, au lieu d’être une moulure simple et lisse, l’astragale est ornée d’une série de perles de forme ovale.

Le chapiteau dorique

Il est théoriquement composé de bas en haut :

  • D’un gorgerin, qui est la partie placée juste au dessus de l’astragale, prolongeant le volume du corps de la colonne sous l’évasement de l’échine. d’après Architecture description et vocabulaire méthodiques. Dans l’ordre dorique, le gorgerin est séparé de l’échine par un filet.
  • D’une échine en quart de rond – qui est le corps formé par une grosse moulure convexe – définition d’après Architecture description et vocabulaire méthodiques.
  • D’un abaque qui est la tablette couvrant le corps du chapiteau.

La corbeille est donc composée ici d’un gorgerin et d’une échine.

Passez votre souris (ou doigt) sur l’image animée ci-dessous pour faire apparaitre chaque partie que nous venons de décrire.

colonne dorique orangerie de Versailles
fût nu Astragale Gorgerin Echine Abaque entablement soffite

fût nu

fût nu

Astragale

Astragale

Gorgerin

Gorgerin

Echine

Echine

Abaque

Abaque

entablement

entablement

soffite

soffite

Le chapiteau ionique

Le chapiteau ionique de base est composé de bas en haut :

  • D’un astragale
  • D’une échine ornée d’oves – un ove est un ornement en forme d’œuf.
  • D’un coussinet – placé entre l’échine et l’abaque, cette bande légèrement bombée en forme de coussin se termine de chaque côté en volutes.
  • D’un abaque 

Passez votre souris (ou doigt) sur l’image animée ci-dessous pour faire apparaitre chaque partie du chapiteau ionique.

Chapiteau ionique
Astragale en chapelet Echine ornée d'oves Coussinet Abaque volute coté gauche Gousse côté gauche Volute côté droit Gousse coté droit fût cannelé

Astragale en chapelet

Echine ornée d'oves

Coussinet

Abaque

volute coté gauche

Gousse côté gauche

Volute côté droit

Gousse coté droit

fût cannelé

fût cannelé

Cet ordre est parfois orné de motifs floraux avec des guirlandes tendues entre ses volutes et une fleur qui marque le milieu de l’abaque.

Voir l’exemple ci dessous :

chapiteau ionique à cornes
Guirlande fleur droite Fleur gauche Echine d'oves Echine d'oves astragale abaque Volutes

Guirlande

fleur droite

Fleur gauche

Echine d'oves

coté gauche

Echine d'oves

côté droit

astragale

abaque

Volutes

L’exemple ci-dessus provenant du portique du lycée Hoche  est un chapiteau ionique à cornes. Ce type de chapiteau présente 4 faces dont les volutes se joignent deux à deux aux angles.

Le chapiteau corinthien

Le chapiteau corinthien à feuilles d’acanthe de base est composé de bas en haut :

  • D’un astragale
  • D’une corbeille feuillagée qui se termine aux angles par des volutes
  • D’un abaque décoré en son centre par une fleur
chapiteau corinthien
Astragale feuilles d'acanthe Volutes Fleur Abaque

Astragale

feuilles d'acanthe

Volutes

Fleur

Abaque

Le chapiteau historié et figuré

On retrouve ce type de chapiteau principalement dans l’art roman. A cette époque, le chapiteau peut simplement consister en un corbeille, surmonté ou non d’un abaque.

Les corbeilles accueillent une ornementation, pas nécessairement symétrique, représentant des personnages, des animaux et des scènes diverses de manière que l’on pourrait qualifier de naïve.

Voir les très beaux exemples ci-dessous de l’abbaye de Conques.

 

 

Un exemple moderne  (19e siècle) et rare de ce type de chapiteau peut être vu dans la salle du manège située au Louvre dans l’aile Denon. Les animaux sculptés forment ici une décoration exubérante mais parfaitement symétrique. Cet exemple, très éclectique, est un mélange entre la grande symétrie des ordres classiques et le bestiaire roman.

 

Il existe d’autres styles et éléments de colonne, mais j’espère avoir présenté ici de manière plus ou moins exhaustive les plus importants.

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Passionné d'Archi et de Réseau